ÉQUIPEMENT COMMERCIAL
Chariots
Chariots, Paniers
Des chariots plus grands, plus maniables, moins chers

Il est lourd, souvent bruyant et rarement impeccable. Les directeurs de magasin s’inquiètent de son coût, grevé par les « mauvais traitements » ou le vol. Mais le chariot de supermarché, ce n’est pas que cela. C’est aussi un véhicule irremplaçable, devenu au fil des ans un symbole du commerce moderne. Cette double casquette focalise l’attention sur lui.

Un parc de chariots en mauvais état, c’est l’assurance d’être d’emblée jugé défaillant. Non seulement sur de simples questions de confort d’achat – comment faire ses courses dans de bonnes conditions quand maintenir sa trajectoire est un combat ? –, mais aussi sur la considération que l’on porte à ses clients. Raison de plus pour avoir les idées claires sur le sujet.

La contenance

Elle ne cesse de croître depuis le début des années 90. Alors qu’on dépassait rarement 180 litres il y a 15 ans, la norme se situe aujourd’hui aux alentours de 240 litres en hyper et 210 en supermarché.

Il s’agit là d’une des nombreuses exceptions françaises : ailleurs en Europe, le format supermarché domine et impose des contenances inférieures. Mais chez nous, c’est le « gros plein » hebdomadaire qui reste le modèle dominant. Et tout bon commerçant sait que si l’on limite sa capacité d’emport, le consommateur va à l’essentiel.

Conséquence : les fabricants doivent se creuser la tête pour rendre ces maxi-chariots plus maniables. Poignées reculées, roues arrière fixes, roues amorties, tout est bon pour faciliter le parcours en magasin. Sans oublier le parking, qui constitue souvent l’étape critique. C’est l’un des arguments majeurs du plastique, environ deux fois moins lourd que l’acier à contenance équivalente.

La durée de vie

Elle dépend directement du régime auquel le chariot est soumis. Manipulé brutalement par le personnel, soumis à de longs parcours et un trafic magasin intense, il aura du mal à franchir le cap des 7 ans. Sur des sites plus calmes, il pourra sans encombre fêter sa 12ème année.

La stratégie des enseignes intervient également à ce stade : Système U est connu pour favoriser chez ses Associés un renouvellement plus rapide que les concurrents. Bien qu’implantés majoritairement en zone rurale, ils laissent rarement leur parc dépasser sa septième année.

Cette durée de vie initiale peut être prolongée par un « reconditionnement » : transporté sur un site industriel spécialisé, le chariot est démonté puis plongé dans un bain électrolytique renouvelant son revêtement anti-rouille. Les roues et poignées sont vérifiées et changées si nécessaire. Résultat : un chariot « refait à neuf » pour un prix inférieur au neuf d’environ 35 %. Attention toutefois au choix du prestataire, à la qualité des matériaux et pièces détachées : la durée de vie en dépend.

Prix et matériaux

L’âpreté des négociations et les systèmes d’enchères inversées ont fait baisser les prix ces dernières années. Le prix moyen du chariot métallique vendu aux GMS hexagonales avoisine aujourd’hui les 90 € HT, hors accessoires. Il n’est pas rare de voir ce prix descendre à 65 € sur de grandes séries.

Le plastique demeure plus cher : l’écart avec l’acier dépasse toujours les 25 %. Plus que le coût des matières premières – l’envolée du pétrole joue sur les cours mais l’acier aussi est à la hausse –, c’est la taille des séries qui fait la différence. Qui dit plastique dit en effet fabrication d’un moule industriel spécifique, fort cher, à amortir sur les unités vendues.

Or, malgré le succès indéniable des nouvelles matières, en particulier chez Leclerc et Intermarché, le métal domine toujours outrageusement le marché avec 95 % des 400 000 unités vendues chaque année en France.

Légèreté, silence, design : le chariot en plastique a pourtant pas mal d’atouts à faire valoir. S’y ajoute depuis peu la lutte contre le vol. Liés le plus souvent à des actes de vandalisme – le détournement du chariot en barbecue est un grand classique ! –, les larcins prennent depuis quelques années une tournure nouvelle : celle d’opérations organisées et menées à grande échelle.

Une fois maquillés, les véhicules sont revendus via des filières parallèles. Et sur ce marché « gris », seul l’acier a pour l’instant la cote.

Marc Reidiboym
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